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5 - PHYSIONOMIE ACTUELLE DU SECTEUR DES VENTES VOLONTAIRES
Dans le domaine des ventes volontaires, les sociétés de ventes issues des anciens offices de commissaires priseurs coexistent actuellement avec les filiales des grandes maisons de ventes internationales.
On doit prendre note de ce que certaines sociétés regroupent ou associent des commissaires priseurs et, le cas échéant, de nouveaux entrants dans la profession. Doivent être ainsi mentionnées, à Paris, des maisons comme " Bergé et Associés " ou " Artcurial - Briest - Poulain - Le Fur ". En province, certains professionnels se sont rapprochés pour créer des structures leur permettant d'organiser, à Paris ou en tout autre lieu, des vacations composées d'objets d'art apportés par plusieurs d'entre eux. Tel est notamment le cas de la maison Ivoire.
Face à ces évolutions, une grande réorganisation de l'Hôtel Drouot est en cours. Sous la présidence de Georges Delettrez, une nouvelle société Drouot Holding a vu le jour. Elle devrait permettre aux sociétés de ventes, qu'elles fassent ou non partie d'un groupe, et aux commissaires-priseurs judiciaires, de continuer à réaliser à Drouot des ventes d'une manière régulière.
A cet égard, il convient de souligner qu'à Paris, un des effets de la réforme a été de multiplier les lieux de ventes. Alors que collectionneurs et professionnels étaient habitués à se rendre uniquement à Drouot ou Drouot Montaigne, ils doivent désormais, lorsque la saison des ventes bat son plein, visiter une demi-douzaine d'adresses différentes.
La réforme a aussi radicalement modifié les frais auxquels les acheteurs français étaient habitués depuis de nombreuses années pour les ventes volontaires. De 9%, ils sont passés à une moyenne de 18% du prix au marteau. Chaque société de ventes applique désormais son propre barème. Mais on peut considérer que les taux pratiqués varient entre 15% et 20% sur les premiers 100.000 euros et entre 10% et 12% au-delà de ce montant. Il en est de même pour les tarifs vendeurs qui varient, suivant les maisons, entre 2% et 15%.
D'un point de vue économique, le marché de l'art en France semble avoir progressé depuis la mise en application de la réforme, en dépit d'un climat général morose et de la volatilité des marchés financiers.
Cela est dû notamment au fait que l'activité des nouveaux entrants ne s'est pas principalement développée au détriment des ventes réalisées par les commissaires-priseurs. En effet, certaines grandes vacations ont été organisées en France, alors qu'avant l'ouverture du marché elles auraient certainement eu lieu sur d'autres places européennes, voire américaines ou asiatiques.
Ce premier constat est satisfaisant et montre que la réforme a été utile pour promouvoir la place de la France sur le marché international de l'art.
Toutefois, le faible recul dont dispose aujourd'hui l'observateur n'autorise pas encore à tirer des conclusions définitives sur ce point. Les résultats des prochains exercices devraient permettre une appréciation plus précise dans la mesure où le Conseil des Ventes disposera alors de données chiffrées sur l'activité des sociétés de ventes.
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